vendredi 4 mai 2012

Arezzo, la bleue

Après Bologne la rouge, Arezzo la bleue. Ce bleu qui saute aux yeux, qui définit les coutours de la ville, qui surprend à chaque fois mais qui nous est aussi devenu très familier. Si Arezzo est la ville de Pétrarque, de Giorgio Vasari et de Roberto Benigni (bien qu'il soit né dans le village voisin de Castiglion Fiorentino), elle est un peu devenu aussi la nôtre après ce deuxième séjour. Nous y avons établi des liens beaucoup plus durables cette fois. 
Les dernières journées ont été l'occasion de revoir quelques églises marquantes de la ville, mais surtout de dire aurevoir à ceux qui sont devenus nos amis. Pour ce qui est de l'attachement à cet endroit, je pense avoir tout dit dans mon mot du 26 avril (On est d'où on se sent le mieux). Ce n'est pas la vie normale qui reprend, c'est la vie normale ailleurs.

En terminant, je tiens à féliciter l'heureux gagnant de la pizza gratuite en la personne de Blanche-Neige, pseudonyme qui cache un fin gourmet et un joyeux drille.

lundi 30 avril 2012

Épuisement professionnel

Quand, le même jour, on voit les tombes de Michel-Ange, de Galilée, de Machiavel, de Dante (plutôt un moment funéraire dans son cas), de Boticelli et d'Amerigo Vespucci, on a envie de garder un silence de tombe et l'énergie manque pour parler des innombrables chefs-d'oeuvre qu'on a pu voir.
Ce n'est pas le syndrome de Stendhal (Peut-on mourir d'art? a dit celui-ci), mais le syndrome de la mémoire qui flanche. Que restera-t-il dans six mois, dans un an de cette journée? De ces journées, devrais-je dire. Les cinq ou six dernières ont été surtout tournées vers l'art. Rockquiroule se cultive (il est cependant en train de lire un livre sur l'histoire du cyclisme italien - écrit par un certain John FOOT - question de rester bien en selle).

Sauce bolognaise

Ville, à certains égards écrasante, Bologne occupe une position stratégique au coeur de l'Italie qui lui a valu d'accueillir, de gré ou de force, Charlemagne, Charles Quint (qui y a été couronné empereur) et Napoléon. C'est aussi la ville qui a vu naître le drapeau italien à la fin du 18e siècle, Marconi (l'inventeur de la télégraphie sans fil), Cassini (le premier à décrire la mesure des méridiens) et Umberto Eco. Elle a été le siège de la première université mondiale et sa cathédrale, San Petronio, est la cinquième plus grande du monde.
Tout cela est en effet un peu écrasant, mais ce qui l'est davantage c'est la présence d'innombrables arcades qui donnent un peu l'impression de marcher dans un tunnel. En tout, 37 kilomètres d'arcades qui empêchent de voir le ciel, ce qui étonne dans une ville qui a produit de grands astronomes. Elle écrase aussi un peu par les teintes de ses bâtiments, terre, rouge, ocre, qui lui donnent un caractère un peu sévère, un peu vétuste.
C'est néanmoins une ville qui bouge, beaucoup. On l'appelle aussi Bologne la rouge, non seulement à cause de la couleur de ses murs et de ses toits, mais aussi de sa couleur politique. Elle garde aussi le souvenir tragique d'un attentat qui a fait 85 morts à la gare ferroviaire en 1980.
Pour nous libérer un peu de cette atmosphère "écrasante" (l'humidité ambiante y contribuant aussi), nous sommes montés au sommet de la tour Asinelli, qui fait 97 mètres et d'où on a une vue très plongeante sur la ville.

Pour finir, l'explication du lien entre Bologne et baloney.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mortadelle

vendredi 27 avril 2012

Conviction


Cathédrale San Ruffino à Assise, un
des nombreux détails de la façade
Après avoir marché, et pédalé, sur les traces de Saint-François d'Assise pendant près de deux semaines, il me faut conclure que cet homme a fait beaucoup en 44 ans de vie (1182-1226). On lui prête peut-être plus de réalisations qu'il en a vraiment faites, pour embellir l'histoire et justifier des hommages. Mais il reste qu'il s'est imposé comme une figure intègre dans une période politiquement complexe et agitée. Comme il marquait un retour à l'esprit de pauvreté du Christ, il ne devait pas nécessairement être toujours accueilli avec joie à Rome, où l'humilité et le dépouillement ne se pratiquaient guère. J'entends le pape de l'époque, Innocent III, pousser un soupir d'agacement et réprimer quelques jurons quand on lui annonce l'arrivée de François et de ses compagnons. Son père, marchand d'étoffes, l'a même "incarcéré", pendant un certain temps dans la résidence familiale pour essayer de lui enlever "ses folles idées" de la tête.  Déranger le pouvoir, ça ne vous rappelle pas quelque chose de très actuel?

Nous avons visité la prison reconstituée de Saint-François à la Chiesa Nuova (tout juste en face de notre hôtel à Assise). Cette église a été construite en 1615 (d'où le nom de Nuova!) sur les ruines de la maison paternelle de François d'Assise. Et nous avons revu hier la Basilique Saint-François : Giotto, Lorenzetti, Cimabue, Simone Martini. Après avoir vu l'exposition Signorelli à Pérouse.
Pas besoin d'aller en montagne pour avoir le vertige.

jeudi 26 avril 2012

On est d'où on se sent le mieux

Cette phrase tirée du roman Le neveu d'Amérique de Luis Sepulveda, me revient souvent en tête. Je pense l'avoir mieux comprise lors de ce deuxième séjour en Italie. Elle n'impose pas de faire un choix, de renier d'autres lieux qui nous ont façonnés et "où on s'est senti le mieux". C'est la somme de tous ces lieux et, surtout, de tous ces moments vécus au présent, qui font que nous sommes ce que nous sommes. On peut à la fois se sentir le mieux (les exemples qui suivent sont tout à fait le fruit du hasard) dans le Bas-Saint-Laurent et en Toscane, pour toutes sortes de raisons, qui tiennent des gens, mais aussi de la lumière, des odeurs, du vent, de la pluie et de la lune.

mercredi 25 avril 2012

Assise

Hier, randonnée de six heures à partir de Spello, jolie petite ville, beaucoup plus souriante que Trevi, le soleil aidant sûrement. Nous avons d'abord traversé des oliveraies, beaucoup, puis des forêts de chênes et de pins. De temps à autre, une vue plongeante sur la vallée, bourdonnante, et Assise. Après un arrêt à l'Eremo delle Carceri, lieu particulièrement protégé par la nature environnante où Saint-François se retirait pour méditer, nous sommes descendus sur Assise. La descente est raide, l'altitude passe de 800 mètres à 425 mètres en peu de temps. L'arrivée à Assise coïncide aussi avec le retour à la civilisation : les voitures foncent à miroirs abattus dans des rues étroites comme des couloirs.


Hier, c'était fête en Italie. Jour de la libération. Beaucoup d'animation dans les rues, occupées surtout par des familles italiennes. Beaucoup de moines et de religieuses y circulent aussi. Il y a même un ermite, pieds nus et en haillons. Il nous semble l'avoir vu habillé "normalement" plus tard en soirée, ce qui fait dire qu'il joue peut-être le même rôle que les centurions à Rome...ou le bonhomme carnaval à Québec. La photo ci-contre n'est pas très bonne, mais pour la rendre plus évocatrice, nommons-la : Ballet strident des martinets, au soleil couchant sur les collines bleues de l'Ombrie. Aujourd'hui, nous troquons nos habits de marche, qui commencent à puer, pour nos habits de ville et nous allons à Pérouse voir une exposition sur Luca Signorelli, considéré comme l'un des peintres les plus importants de la Renaissance italienne.  



De mieux en mieux

Dans la série Pranzo al sacco (ou pique-nique)  

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