samedi 27 octobre 2012

Le temps des décisions...



...est arrivé. J'ai atteint mon objectif de 5 000 kilomètres à 55 ans et j'ai passé un été extraordinaire à vélo. 5 000 kilomètres à une moyenne approximative de 25 kilomètres à l'heure équivalent à 200 heures de vélo, soit 8,333333333333 jours, ou 12 000 minutes, ou 720 000 coups de pédale (compte tenu d'une estimation raisonnable de 60 coups de pédale à la minute). Pas étonnant que les genoux se rebiffent parfois.



Ce qu'il y a de beau dans le vélo (comme dans beaucoup d'autres activités d'ailleurs), c'est la durée, la persistance, la continuité et le plaisir qu'on trouve à s'y installer. Le plaisir que tous les coureurs dopés comme Lance Armstrong ont perdu parce qu'ils ont cédé au mirage de l'ultra-performance, de l'hyper-compétivité, de l'argent facile et de la réussite à tout prix. À force d'admirer ces surhommes, on en a fait des monstres.
Je raccroche ici.

mardi 16 octobre 2012

mercredi 10 octobre 2012

Rockquiroule dans les cols

Une semaine de cols. Un Québécois et un Breton à l'assaut des Alpes du Sud et du Mont Ventoux. 450 kilomètres dont 150 de montées, 3 cols hors catégorie, mythiques. Virages, pentes, pourcentages, ascensions, descentes, sommets. Paysage qui change au fur et à mesure des mètres qui passent. Forêts, cascades, déserts. Le vent des sommets. Sensations, émotions, découragement, regain. Solitude, silence, respiration, rythme cardiaque. Sueur et eau. Pas d'EPO. Par moments, s'installer dans sa douleur pour mieux la gérer.

Col de Pra Loup
Pourcentage moyen de 5,3 % sur 9,4 km. Dénivelé de 500 mètres.
Un petit 40 kilomètres en ce samedi ensoleillé, question de découvrir la vallée de l'Ubaye, Jausiers où nous habiterons cinq jours et Barcelonnette, qui compte une cinquantaine de maisons de style colonial mexicain érigées entre 1870 et 1930 par des gens du coin ayant fait fortune dans le textile au Mexique.
Je dois être parti de Montréal en forme, car je fais ce parcours après avoir dormi une heure depuis la veille.


Cime de la Bonette
Pourcentage moyen de 6,6 % sur 24 kilomètres. Dénivelé de 1 600 mètres.


Presqu'une journée d'été. Jamais en difficulté sauf pour les 300 derniers mètres, terribles (à droite sur la photo). Dimanche, les motos et les voitures sport s'exhibent bruyamment. On se sent bien petit sur deux roues, surtout devant cette immensité. Surtout à 2 802 mètres sur la route la plus haute d'Europe. Un seul arrêt dans la montée pour laisser passer les moutons.Plusieurs arrêts dans la descente pour se remplir les yeux et prendre des photos. Sifflement de la marmotte (sifflement du siffleux?), vol plané des rapaces. Un premier col hors catégorie qui donne confiance.

 



Col de la Cayolle
Pourcentage moyen de 4,1 % sur 29 km, dénivelé de 1 200 mètres.

En apparence plus facile. La pluie interrompt la première tentative au 18e kilomètre. Une heure à grelotter dans un charmant cadre.
Redescente en slalom entre les cailloux, petits et gros, que la pluie, assez violente, a fait tomber des falaises.




Deuxième tentative le lendemain.  Loin, le monde. Voitures très rares. Dans la descente, un troupeau de moutons gardé par trois gros chiens de berger et une bergère au visage buriné. Col agricole. Temps arrêté. La descente, entre falaises et rivière, est un charme.




Col de l'Izoard
Pourcentage moyen de 6,9 % sur 15,9 km, dénivelé de 1 300 mètres, mais montée réelle sur 30 kilomètres.

Les dix derniers kilomètres sont épiques. Aucun répit. Forêts de mélèzes. Lacets sans replat; ça repart toujours en montant. Puis, le désert. Bornes kilométriques : 10, 9, 8, 7, 6, 5....3. Ils ont oublié la borne du 4 kilomètres, les sadiques. Une éternité entre 5 et 3. À 3 kilomètres de la fin, je sais que je vais y arriver. Casse déserte. Paysage lunaire. Ailleurs complètement. Dantesque. Courte descente où je dois m'arrêter pour rattacher mon casque et montée finale, à pleurer de fatigue et d'émotion. Un grand moment.


Le Ventoux

 
Par Bédoin, mecque du vélo. Pourcentage moyen de 7,1 % sur 22,7 km, dénivelé de 1 622 mètres.

Le col le plus fréquenté au monde. L'été, des milliers de cyclistes le gravissent ou essaient. Après une bonne dizaine de kilomètres dans la forêt à un pourcentage moyen de 9 %, on débouche sur le Chalet Reynard à 1 440 mètres. L'envie d'arrêter est vite passée même si le sommet semble encore loin. Les pourcentages diminuent sauf dans les murs. Conditions idéales : soleil, température douce, quasi-absence de vent, mais un frisson devant la stèle à la mémoire de Tom Simpson. Il faut conserver des énergies pour la fin. C'est réussi puisque ça se termine par un sprint.

Le toit de la Provence. À nos pieds, le Vaucluse. À l'est, le Mont-Blanc tout enneigé. Arrêt dans la descente au Chalet Reynard. Bière et frite, à regarder les autres souffrir. Il y en a pour tous les goûts. Certains montent tellement lentement qu'un coup de vent pourrait les jeter par terre. D'autres ont déjà mis pied à terre. Mais la majorité semble à l'aise.

Ces deux-là s'en sont assez bien tirés :

Nous faisons la descente, sur 20 kilomètres, par Saut, et revenons à Bédoin en passant par les Gorges de la Nesque, dont nous n'avions jamais entendu parler, et qui sont tout à fait superbes.
 

Italie
 
Retour à Arezzo, sur des routes déjà familières pour moi. 300 kilomètres. Le Scopetone, Santa Maria della Rassinata, Castiglion Fiorientino. Et encore une fois, la Verna, mais cette fois en passant par Caprese Michelangelo. Le même jour, sur un parcours de 120 kilomètres, nous aurons vu le village natal de Michel-Ange, le lieu de retraite où Saint-François-d'Assise a reçu ses stigmates et le pont de Buriano, qui a servi de décor à la Joconde de Léonard de Vinci. Une grosse journée d'ouvrage.
 
 
 
Ainsi se termine le périple d'un Québécois et d'un Breton sur leurs fidèles montures. Le premier laisse son vélo en Italie au cas où! Le deuxième est ébloui par ces parcours italiens. Je revois M. Baddi, l'orfèvre, et je me mets déjà à rêver au Stelvio, au Mortirolo et autres cols italiens. L'envie de se  colleter à d'autres cols.
 
Le site http://www.climbbybike.com/ en recense près de 35 000. Vaste programme.

 

vendredi 4 mai 2012

Arezzo, la bleue

Après Bologne la rouge, Arezzo la bleue. Ce bleu qui saute aux yeux, qui définit les coutours de la ville, qui surprend à chaque fois mais qui nous est aussi devenu très familier. Si Arezzo est la ville de Pétrarque, de Giorgio Vasari et de Roberto Benigni (bien qu'il soit né dans le village voisin de Castiglion Fiorentino), elle est un peu devenu aussi la nôtre après ce deuxième séjour. Nous y avons établi des liens beaucoup plus durables cette fois. 
Les dernières journées ont été l'occasion de revoir quelques églises marquantes de la ville, mais surtout de dire aurevoir à ceux qui sont devenus nos amis. Pour ce qui est de l'attachement à cet endroit, je pense avoir tout dit dans mon mot du 26 avril (On est d'où on se sent le mieux). Ce n'est pas la vie normale qui reprend, c'est la vie normale ailleurs.

En terminant, je tiens à féliciter l'heureux gagnant de la pizza gratuite en la personne de Blanche-Neige, pseudonyme qui cache un fin gourmet et un joyeux drille.

lundi 30 avril 2012

Épuisement professionnel

Quand, le même jour, on voit les tombes de Michel-Ange, de Galilée, de Machiavel, de Dante (plutôt un moment funéraire dans son cas), de Boticelli et d'Amerigo Vespucci, on a envie de garder un silence de tombe et l'énergie manque pour parler des innombrables chefs-d'oeuvre qu'on a pu voir.
Ce n'est pas le syndrome de Stendhal (Peut-on mourir d'art? a dit celui-ci), mais le syndrome de la mémoire qui flanche. Que restera-t-il dans six mois, dans un an de cette journée? De ces journées, devrais-je dire. Les cinq ou six dernières ont été surtout tournées vers l'art. Rockquiroule se cultive (il est cependant en train de lire un livre sur l'histoire du cyclisme italien - écrit par un certain John FOOT - question de rester bien en selle).

Sauce bolognaise

Ville, à certains égards écrasante, Bologne occupe une position stratégique au coeur de l'Italie qui lui a valu d'accueillir, de gré ou de force, Charlemagne, Charles Quint (qui y a été couronné empereur) et Napoléon. C'est aussi la ville qui a vu naître le drapeau italien à la fin du 18e siècle, Marconi (l'inventeur de la télégraphie sans fil), Cassini (le premier à décrire la mesure des méridiens) et Umberto Eco. Elle a été le siège de la première université mondiale et sa cathédrale, San Petronio, est la cinquième plus grande du monde.
Tout cela est en effet un peu écrasant, mais ce qui l'est davantage c'est la présence d'innombrables arcades qui donnent un peu l'impression de marcher dans un tunnel. En tout, 37 kilomètres d'arcades qui empêchent de voir le ciel, ce qui étonne dans une ville qui a produit de grands astronomes. Elle écrase aussi un peu par les teintes de ses bâtiments, terre, rouge, ocre, qui lui donnent un caractère un peu sévère, un peu vétuste.
C'est néanmoins une ville qui bouge, beaucoup. On l'appelle aussi Bologne la rouge, non seulement à cause de la couleur de ses murs et de ses toits, mais aussi de sa couleur politique. Elle garde aussi le souvenir tragique d'un attentat qui a fait 85 morts à la gare ferroviaire en 1980.
Pour nous libérer un peu de cette atmosphère "écrasante" (l'humidité ambiante y contribuant aussi), nous sommes montés au sommet de la tour Asinelli, qui fait 97 mètres et d'où on a une vue très plongeante sur la ville.

Pour finir, l'explication du lien entre Bologne et baloney.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mortadelle