lundi 4 janvier 2016
vendredi 3 juillet 2015
Rockquiroule quand même
et ce n'est qu'un début.
à coup dur, tête dure
Pauvre Italo, qui ronge son frein en Italie et pauvre Numéro un (il restera toujours le vélo qui m'a fait faire un pas de géant) qui en fait autant à Montréal. Le Bleu a toute la place en ce moment. Quand je remonterai sur l'un ou sur l'autre, il me faudra surveiller les freins.
lundi 27 avril 2015
Anti-cynisme
Sans doute le meilleur antidote au cynisme qui a été réalisé depuis longtemps. Avant d'apprendre aux jeunes à devenir comptables, ingénieurs ou médecins, on devrait leur faire voir ce film, qui montre le pire et le meilleur de la vie. Histoire de rédemption, de courage et d'humanité qui rejoint le propos du dernier livre de Naomi Klein, Tout peut changer.

mercredi 7 janvier 2015
Ils ont même tué Le Grand duduche

Cabu et Wolinski nous faisaient bien rire dans les années 1970 quand ils dessinaient pour le magazine Pilote. On riait innocemment et franchement. Il y a longtemps que nous avons perdu notre innocence. Mais comment aurions-nous pu imaginer un jour que leurs dessins les conduiraient à la mort? Aujourd'hui, on tue pour des dessins; le monde est devenu un endroit bien moche.
mercredi 31 décembre 2014
En 2014, l'insoutenable a encore été franchi
Cette photo a été prise lors d’une distribution de nourriture dans un camp de réfugiés palestiniens situé aux portes de Damas. Ils sont des milliers à attendre, à quelques mètres des snipers de l’armée de Bachar el-Assad.
Une photo vaut mille morts. Le jeu de mots est trop facile, mais cette photo est obsédante. À juste titre, car on ne doit pas oublier que cela aussi existe.
Une photo vaut mille morts. Le jeu de mots est trop facile, mais cette photo est obsédante. À juste titre, car on ne doit pas oublier que cela aussi existe.
mardi 25 novembre 2014
Lectures inachevées
Il y a des livres qu'on ne finit pas, qu'on aurait aimé aimer, mais qui arrivent à un moment inopportun. Parmi ceux-là, il y a Les années d'Annie Ernaux. Peut-être faut-il être d'origine française ou avoir vécu en France, étant jeune, pour vraiment apprécier. Les références à l'école, du primaire à l'université, et aux habitudes de vie nous sont essentiellement étrangères.
Bien sûr, elle écrit admirablement bien et je me rappellerai de cette tranche de livre ne serait-ce que pour cette phrase qui résume bien notre époque en évoquant le passé, : « On avait le temps de désirer les choses ».
Dans la catégorie Lectures inachevées, il y a aussi Proust, abandonné après 400 pages, qui me regarde d'un air piteux, mais néanmoins insistant. Barbara Kingsolver, Irene Nemirovsky, Tony Judt et tous ceux que j'ai rapportés à la bibliothèque après les avoir à peine feuilletés. En même temps, que de projets de lecture.
Comme une furieuse envie de lire Jack Kerouac ces temps-ci.
Bien sûr, elle écrit admirablement bien et je me rappellerai de cette tranche de livre ne serait-ce que pour cette phrase qui résume bien notre époque en évoquant le passé, : « On avait le temps de désirer les choses ».
Dans la catégorie Lectures inachevées, il y a aussi Proust, abandonné après 400 pages, qui me regarde d'un air piteux, mais néanmoins insistant. Barbara Kingsolver, Irene Nemirovsky, Tony Judt et tous ceux que j'ai rapportés à la bibliothèque après les avoir à peine feuilletés. En même temps, que de projets de lecture.
Comme une furieuse envie de lire Jack Kerouac ces temps-ci.
lundi 14 juillet 2014
Les anges gardiens
dimanche 6 juillet 2014
Reprenons...
là où j'ai laissé la dernière fois. Non ce n'est pas tout aussi beau, ni tout aussi bien chez nous quand on parle de vélo. Les routes sont souvent trop défoncées, les ponceaux trop apparents, le vent trop virulent, les routes trop droites. Et toutes ces chutes dont on a entendu parler récemment dans les médias donnent à réfléchir. Mais le corps, lui, ne fait pas trop la différence. Il s'adapte. Et la tête suit.
Mais il n'y pas que le vélo dans la vie! Il y a un début juillet fleuri comme jamais. Les rosiers forment une muraille multicolore, les canards, petits et grands, pataugent devant nos yeux et il y de ces couchers de soleil à faire pâlir d'envie n'importe quel peintre paysagiste.
| La casa nostra al tramonto |
Mais il n'y pas que le vélo dans la vie! Il y a un début juillet fleuri comme jamais. Les rosiers forment une muraille multicolore, les canards, petits et grands, pataugent devant nos yeux et il y de ces couchers de soleil à faire pâlir d'envie n'importe quel peintre paysagiste.
lundi 23 juin 2014
850
C'est le nombre de kilomètres à vélo cette fois-ci. J'ai remisé mon vélo chez Carlo hier après que nous soyons allés à La Verna. C'était dur, comme ça l'est souvent par ici, mais quelle belle façon de conclure le séjour.
Je confirme que je suis un peu né pour faire du vélo en Italie. Malgré la chaleur, les conducteurs fous, l'absence d'accotements, les ronds-points qu'il faut négocier en même temps que des dizaines de véhicules, les voitures qui surgissent de partout, les trous, les bosses, les routes rugueuses, les ascensions interminables, j'en redemande. Je ne connais pas de sensations beaucoup plus agréables que celle de rouler sur une petite route de campagne italienne, le matin tôt, entouré d'odeurs enivrantes et parfois écoeurantes (comme celle des genêts).
J'ai acheté un livre qui répertorie les 50 plus beaux cols d'Europe pour le vélo. J'en ai fait quatre à ce jour. Vaste programme!
J'ai la chance, indéniable, de pouvoir me dire que la semaine prochaine, je roulerai au petit matin entre Saint-Denis et Kamouraska et que ce sera tout aussi beau, tout aussi bien (si le vent n'est pas trop terrible).
Je confirme que je suis un peu né pour faire du vélo en Italie. Malgré la chaleur, les conducteurs fous, l'absence d'accotements, les ronds-points qu'il faut négocier en même temps que des dizaines de véhicules, les voitures qui surgissent de partout, les trous, les bosses, les routes rugueuses, les ascensions interminables, j'en redemande. Je ne connais pas de sensations beaucoup plus agréables que celle de rouler sur une petite route de campagne italienne, le matin tôt, entouré d'odeurs enivrantes et parfois écoeurantes (comme celle des genêts).
J'ai acheté un livre qui répertorie les 50 plus beaux cols d'Europe pour le vélo. J'en ai fait quatre à ce jour. Vaste programme!
J'ai la chance, indéniable, de pouvoir me dire que la semaine prochaine, je roulerai au petit matin entre Saint-Denis et Kamouraska et que ce sera tout aussi beau, tout aussi bien (si le vent n'est pas trop terrible).
jeudi 19 juin 2014
È arrivata la Giostra
Vendredi
Entre le match de soccer Italie-Costa Rica ce soir et la Giostra demain soir, Arezzo ne dormira pas beaucoup. La ville est en effervescence et sera envahie demain par des centaines de participants et figurants habillés en costumes du Moyen-âge. Toute la semaine, des activités ont eu lieu dans les différents quartiers, dont una cena propiziatoria (mot que j'essaie de prononcer depuis trois jours sans y parvenir) dans le quartier Sant'Andrea (mon favori à cause du nom). Un souper très communautaire, très convivial et même solidaire, suivi de la visite du musée du quartier : costumes, tableaux, lances d'or (remises au gagnant de l'épreuve) et souvenirs de toutes sortes.
Un petit film pour voir de quoi il en retourne (https://www.youtube.com/watch?v=VBMSPD4Yivs). C'est du sérieux.
Samedi
La Giostra sera sûrement meilleure que le match de foot d'hier, terne comme le jeu de l'Italie.
Mardi
La Giostra est une fête pour l'oeil. Toute la journée de samedi, les activités se sont succédées. Le retrait de la lance d'or (décernée au gagnant) de la cathédrale, l'annonce de la Giostra par l'araldo (sorte de héraut responsable de l'événement), le défilé dans les rues du centre historique, la bénédiction à l'église Sant'Agustino, de nouveau un défilé et la joute comme telle. Arezzo est littéralement envahie par une foule exubérante. Exubérante aussi est l'assistance; les partisans des quatre quartiers se font voir et entendre sans un temps mort. On se croirait à un match de foot : fumigènes, sifflets de toutes sortes. C'est à la fois bon enfant et délirant.
C'est finalement le quartier où nous habitons qui l'emporte (Sant'Andrea). C'est la fête toute la nuit et ça recommence en septembre.
Entre le match de soccer Italie-Costa Rica ce soir et la Giostra demain soir, Arezzo ne dormira pas beaucoup. La ville est en effervescence et sera envahie demain par des centaines de participants et figurants habillés en costumes du Moyen-âge. Toute la semaine, des activités ont eu lieu dans les différents quartiers, dont una cena propiziatoria (mot que j'essaie de prononcer depuis trois jours sans y parvenir) dans le quartier Sant'Andrea (mon favori à cause du nom). Un souper très communautaire, très convivial et même solidaire, suivi de la visite du musée du quartier : costumes, tableaux, lances d'or (remises au gagnant de l'épreuve) et souvenirs de toutes sortes.
Un petit film pour voir de quoi il en retourne (https://www.youtube.com/watch?v=VBMSPD4Yivs). C'est du sérieux.
Samedi
La Giostra sera sûrement meilleure que le match de foot d'hier, terne comme le jeu de l'Italie.
Mardi
La Giostra est une fête pour l'oeil. Toute la journée de samedi, les activités se sont succédées. Le retrait de la lance d'or (décernée au gagnant) de la cathédrale, l'annonce de la Giostra par l'araldo (sorte de héraut responsable de l'événement), le défilé dans les rues du centre historique, la bénédiction à l'église Sant'Agustino, de nouveau un défilé et la joute comme telle. Arezzo est littéralement envahie par une foule exubérante. Exubérante aussi est l'assistance; les partisans des quatre quartiers se font voir et entendre sans un temps mort. On se croirait à un match de foot : fumigènes, sifflets de toutes sortes. C'est à la fois bon enfant et délirant.
C'est finalement le quartier où nous habitons qui l'emporte (Sant'Andrea). C'est la fête toute la nuit et ça recommence en septembre.
vendredi 13 juin 2014
Occasion d'affaires
Vente et installation de moustiquaires en Italie.
Marché presque inexploité. Clientèle ailée en quantité illimitée.
Le marché des lampes à mouche est également peu exploité. Parlant de lampe à mouches, en voici une description ( https://www.youtube.com/watch?v=W8zB3UIa9g4) (autour de 1:45 minute).
Les moustiques italiens sont déchaînés cette année, car l'hiver trop doux et humide n'en a pas exterminés assez. Revenant ce matin d'un sortie d'une cinquantaine de kilomètres au vallico della Scheggia, j'ai constaté que des centaines d'entre eux étaient venus mourir sur mon armure de cycliste. Ça leur apprendra.
Nathalie, elle, n'a pas d'armure et est sévèrement brutalisée par ces bestioles. Ce n'est pas drôle du tout dans son cas.
Mise à jour concernant les moustiques : Ils semblent s'être calmés, maintenant qu'il fait un peu plus frais et Nathalie s'en porte beaucoup mieux.
Deuxième mise à jour : Elle ne s'en porte pas si mieux que ça. Il lui faut recourir à toute la gamme des chasse-moustiques; c'est à lui faire regretter nos bons vieux maringuoins (j'exagère un peu quand même).
Le coupable serait le pappataci (et non le papparazzi, autre sorte de bestiole nuisible) :
Marché presque inexploité. Clientèle ailée en quantité illimitée.
Le marché des lampes à mouche est également peu exploité. Parlant de lampe à mouches, en voici une description ( https://www.youtube.com/watch?v=W8zB3UIa9g4) (autour de 1:45 minute).
Les moustiques italiens sont déchaînés cette année, car l'hiver trop doux et humide n'en a pas exterminés assez. Revenant ce matin d'un sortie d'une cinquantaine de kilomètres au vallico della Scheggia, j'ai constaté que des centaines d'entre eux étaient venus mourir sur mon armure de cycliste. Ça leur apprendra.
Nathalie, elle, n'a pas d'armure et est sévèrement brutalisée par ces bestioles. Ce n'est pas drôle du tout dans son cas.
Mise à jour concernant les moustiques : Ils semblent s'être calmés, maintenant qu'il fait un peu plus frais et Nathalie s'en porte beaucoup mieux.
Deuxième mise à jour : Elle ne s'en porte pas si mieux que ça. Il lui faut recourir à toute la gamme des chasse-moustiques; c'est à lui faire regretter nos bons vieux maringuoins (j'exagère un peu quand même).
Le coupable serait le pappataci (et non le papparazzi, autre sorte de bestiole nuisible) :
lundi 9 juin 2014
Un dimanche à la mer
Le parc archéologique de Populonia est situé sur un promontoire d'où on peut apercevoir l'île d'Elbe et la Corse (par beau temps). Un site privilégié, bien conservé, ce qui est rare en bordure de mer. Il y a près de 3000 ans, les Étrusques s'y sont installés et en ont été chassés par les Romains quelque six siècles plus tard. On y a retrouvé des traces d'habitations et d'innombrables tombes, signes d'une population nombreuse pour l'époque. Beaucoup d'objets de valeur avaient été au préalable subtilisés par des vandales.
À moins de un kilomètre, les plages sont bondées. Des Africains sûrement débarqués de bâteaux de clandestins passent entre les baigneurs en essayant de vendre leur marchandise, adaptée aux circonstances (serviettes de plages, lunettes de soleil, jouets pour les enfants). Que nous vivons une époque étrange!
Pendant ce temps, à l'intérieur des terres, à Campligia Marittima, les martinets exécutent leur danse. Ils sont des centaines à chasser le moustique. Ils volent à une vitesse moyenne de 112 km/heure et atteignent des pointes de 200 km/heure en plongée, sans jamais se toucher. On a découvert que les martinets pouvaient se retirer pour la nuit à une altitude de cinq kilomètres et que leur cerveau pouvait n'être endormi qu'à moitié, l'autre moitié leur permettant de continuer à s'alimenter, même au repos. Une idée intéressante pour les gourmands.
À moins de un kilomètre, les plages sont bondées. Des Africains sûrement débarqués de bâteaux de clandestins passent entre les baigneurs en essayant de vendre leur marchandise, adaptée aux circonstances (serviettes de plages, lunettes de soleil, jouets pour les enfants). Que nous vivons une époque étrange!
Pendant ce temps, à l'intérieur des terres, à Campligia Marittima, les martinets exécutent leur danse. Ils sont des centaines à chasser le moustique. Ils volent à une vitesse moyenne de 112 km/heure et atteignent des pointes de 200 km/heure en plongée, sans jamais se toucher. On a découvert que les martinets pouvaient se retirer pour la nuit à une altitude de cinq kilomètres et que leur cerveau pouvait n'être endormi qu'à moitié, l'autre moitié leur permettant de continuer à s'alimenter, même au repos. Une idée intéressante pour les gourmands.
vendredi 6 juin 2014
L'Abruzzo
Ces lieux que nous visitons ne nous marqueraient pas autant s'il n'y avait pas les gens qui y habitent. Les paysages défilent, les visages restent. Dans ce petit village de Decontra où nous avons entrepris notre excursion de trois jours, nous avons rencontré, entre autres, Paolino, un berger-conteur-poète de 88 ans qui a vu tant de choses se passer, tant de gens quitter la région.
Beaucoup d'Abruzzois ont quitté (ils sont nombreux à avoir émigré au Canada) à cause de l'isolement, des tremblements de terre, du froid, de l'incompétence des autorités. Restent les parcs nationaux, les agritourismes, les villages inscrits à la liste des plus beaux villages d'Italie, mais restent surtout une grande gentillesse et, malgré tout, une grande fierté.
Je me rends compte que j'aurais pu aussi bien dire la même chose de la Gaspésie et d'autres régions de chez nous, tremblements de terre en moins.
Beaucoup d'Abruzzois ont quitté (ils sont nombreux à avoir émigré au Canada) à cause de l'isolement, des tremblements de terre, du froid, de l'incompétence des autorités. Restent les parcs nationaux, les agritourismes, les villages inscrits à la liste des plus beaux villages d'Italie, mais restent surtout une grande gentillesse et, malgré tout, une grande fierté.
Je me rends compte que j'aurais pu aussi bien dire la même chose de la Gaspésie et d'autres régions de chez nous, tremblements de terre en moins.
Ermite
Au XIIIe siècle. Célestin V a eu le temps de fonder d'innombrables ermitages dans le massif de la Majella, dans les Abruzzes, avant d'être élu pape, à 80 ans passés. Écrasé par les responsabilités et les luttes de pouvoirs, il renonça à sa charge au bout de quelques mois. Benoît XVI sera le second pape à démissionner, 719 ans plus tard.
Nous avons visité quelques-uns de ces ermitages, souvent sous la pluie (sauf le dernier jour, d'où le soleil sur la photo), toujours dans le roc. Ce sont des lieux hors du temps.
Nous avons visité quelques-uns de ces ermitages, souvent sous la pluie (sauf le dernier jour, d'où le soleil sur la photo), toujours dans le roc. Ce sont des lieux hors du temps.
mercredi 28 mai 2014
Gran Sasso
Le Gran Sasso est la plus importante chaîne de montagnes des Abruzzes et Rockquiroule s'est senti bien petit dans cette longue montée d'une trentaine de kilomètres parsemés de quelques répits. Je suis arrivé à une altitude de 2 100 mètres après avoir traversé l'immense plateau du Campo Imperatore, assez rugueux mais passablement fleuri en cette saison.
C'était brumeux, humide et assez désert. Et les deux derniers kilomètres de montée sont assez terribles. Un autobus d'Allemands a eu la bonne idée de venir à ma rencontre dans un virage en épingle; j'ai quasiment dû passer en dessous de son miroir.
À l'ombre du Corno Grande, qui fait 2912 mètres, j'ai retrouvé Nathalie avec joie. Ce paysage est à la fois très beau et un peu effrayant.
Là-haut, tout est un peu à l'abandon; il n'y pas grand chose à observer, sauf un observatoire astronomique. Dans un grand bâtiment déglingué, qui sert aujourd'hui de restaurant et d'auberge, Mussolini a été détenu quelque temps après la débâcle de son régime, avant d'être libéré par des parachutistes allemands. Hitler croyait encore en la victoire et pensait que Mussolini lui serait utile. Heureusement, l'histoire en a décidé autrement.
C'était brumeux, humide et assez désert. Et les deux derniers kilomètres de montée sont assez terribles. Un autobus d'Allemands a eu la bonne idée de venir à ma rencontre dans un virage en épingle; j'ai quasiment dû passer en dessous de son miroir.
À l'ombre du Corno Grande, qui fait 2912 mètres, j'ai retrouvé Nathalie avec joie. Ce paysage est à la fois très beau et un peu effrayant.
Là-haut, tout est un peu à l'abandon; il n'y pas grand chose à observer, sauf un observatoire astronomique. Dans un grand bâtiment déglingué, qui sert aujourd'hui de restaurant et d'auberge, Mussolini a été détenu quelque temps après la débâcle de son régime, avant d'être libéré par des parachutistes allemands. Hitler croyait encore en la victoire et pensait que Mussolini lui serait utile. Heureusement, l'histoire en a décidé autrement.
lundi 26 mai 2014
C'est naturel
Normalement, quand on arrive quelque part, à l'étranger, on se sent dépaysé, on a une sensation d'irréel. Pas de ça à Arezzo, où tout est maintenant tellement familier. Même le décalage horaire est familier, un peu comme si tout le monde ici était en décalage, mais pas nous. Un qui se sent chez lui en tout cas, c'est mon vélo. Après avoir passé quatre mois enfermé dans une cave, il était aujourd'hui dans une forme splendide; un peu plus il aurait rué comme une tauraille qui met les sabots dehors pour la première fois au printemps.
Il a profité d'un arrêt pour renouer avec les coquelicots, la chaleur qui exhude des pierres, le chant des criquets, les odeurs de la Toscane et ces oiseaux que je ne connais guère (sauf le coucou). Moi, j'ai l'impression que je suis un peu né pour faire du vélo en Italie, ou c'est peut-être la récompense du cycliste qui se tape les rues défoncées de Montréal et le vent omniprésent du bas-du-fleuve.
Demain, nous partons pour les Abruzzes, une des régions les plus vertes d'Europe. Le touriste devrait s'y faire assez rare.
Il a profité d'un arrêt pour renouer avec les coquelicots, la chaleur qui exhude des pierres, le chant des criquets, les odeurs de la Toscane et ces oiseaux que je ne connais guère (sauf le coucou). Moi, j'ai l'impression que je suis un peu né pour faire du vélo en Italie, ou c'est peut-être la récompense du cycliste qui se tape les rues défoncées de Montréal et le vent omniprésent du bas-du-fleuve.
Demain, nous partons pour les Abruzzes, une des régions les plus vertes d'Europe. Le touriste devrait s'y faire assez rare.
| Mon «terrain de chasse» habituel |
samedi 24 mai 2014
Coucou!
vendredi 25 avril 2014
Retour sur terre
Il a fini par descendre de son piédestal (neigestal?), mais ça a été long. Neige, pluie, vent, sable, boue. Chaque kilomètre fait à cette période de l'année est mérité. La vraie saison commence (on est presque en mai!).
lundi 7 avril 2014
Histoire de dette
« L'histoire montre que le meilleur moyen de justifier des relations fondées sur la violence, de les faire passer pour morales, est de les recadrer en termes de dettes; cela crée aussitôt l'illusion que c'est la victime qui commet un méfait. »
Vaste programme que de faire l'historique de la dette sur 5000 ans. C'est ce que tente l'auteur de ce livre, David Graeber, anthropologue anarchiste et inspirateur du mouvement Occupy Wall Street, en écorchant au passage bien des idées reçues, entre autres celle voulant que le troc ait été à la base de la création de la monnaie et de l'économie telles que nous les connaissons.
Ce livre foisonnant, par moments étourdissant, emprunte à l'anthropologie, à l'histoire, à l'économie et à l'étymologie. À elle seule, la bibliographie fait 75 pages. Le résumer est donc pratiquement impossible. Notons quand même quelques idées essentielles.
L'endettement est une construction sociale fondatrice du pouvoir et l'histoire de la dette en est une de guerre, de violence, de vol et d'esclavage. Et le système se perpétue aujourd'hui, avec moins de violence mais tout autant de puissance. Il est tenu pour acquis que lorsque les choses vont mal, ce sont les débiteurs qui sont en cause. Pourtant, qu'en est-il des institutions financières qui ont consenti des emprunts colossaux à des pays dirigés par des malfaiteurs et des dictateurs qui se sont enrichis aux dépens de l'immense majorité de leur population pauvre, laquelle ne profite même pas de l'argent emprunté qu'elle doit pourtant rembourser? En de rares occasions, la dette de certains pays a été effacée. Geste noble de la part des grandes puissances? Non, simple calcul que faisaient déjà les rois mésopotamiens (3000 ans avant Jésus-Christ) : Si l'on veut éviter l'explosion sociale, il faut savoir « effacer les tablettes ».
Si l'économie des pays occidentaux a été et demeure si florissante, elle le doit très largement à l'esclavage. La richesse s'est constituée grâce au travail de millions d'esclaves, privés de leur droit d'existence. À aucun moment, le capitalisme n'a été organisé en recourant essentiellement à une main-d'oeuvre libre. Nous vivons aujourd'hui une autre forme d'esclavage, beaucoup moins violent, mais un esclavage quand même, qui explique que nous devions travailler toutes nos vies pour rembourser nos dettes.
Il est étrange qu'en anglais le terme redemption signifie à la fois rédemption et remboursement : nos péchés sont rachetés et notre dette, remboursée. Ou que les mots guilt (culpabilité en anglais) et geld (argent) en allemand aient la même origine. La dette et l'argent sont associés à la culpabilité, celle des débiteurs désargentés.
« Comme nul n'a le droit de nous dire ce que nous valons, nul n'a le droit de nous dire ce que nous devons. »

dimanche 6 avril 2014
I Quebecchesi non capiscono*
Domani, ci sarà un’elezione in Québec. Il governo
minoritario del Parti Québécois ha vinto l’ultima elezione, 18 mesi fa. La
prima ministra, Pauline Marois, ha deciso di indire un’elezione per raggiungere
la maggioranza e avere il margine necessario par applicare il suo
programma politico. All’inizio della campagna, il Parti Québécois aveva il
vantaggio nei sondaggi d’opinione, pero dal momento in cui si è cominciato a
parlare dell’indipendenza e del referendum, un argomento del quale il Parti
Libéral ha aproffitatto abbondantemente, l’indice di popolarità del Parti
Québécois si è abassato rapidamente.
Tutto ha cominciato quando Pierre-Karl Péladeau (il
« Berlusconi » quebecchese dicono alcuni) ha annunziato la sua candidatura
per il Parti Québécois e ha fatto una professione di fede nell’indipendenza del
Québec. Alla fine della conferenza stampa, ha alzato il pugno per dimostrare la
sua fiducia nella causa, un gesto che nemmeno gli strateghi del partito avevano
previsto.
Secondo i sondaggi successivi, questo simplice
gesto, questo pugno, ha fatto cambiare idea al 10 per cento (forse di più) dell’elettorato
che ha deciso di appogiare il Parti Libéral o l’altro partito importante, la
CAQ. Quindi, un pugno alzato e qualche frase sono stati sufficienti per fare
cambiare idea a tanta gente? Questo dimostra bene la mancanza di convizione di
molti Quebecchesi.
La maggioranza dei Quebecchesi hanno paura della
indipendenza anche se abbiamo tutto per essere un paese, forse tanto come i
paesi scandinavi e sicuramente come la Catalogna e la Scozia. Abbiamo paura e
preferiamo lasciare altri decidere per noi. Ci basta essere una voce debole nel
mondo, senza la credibilità necessaria per avere un’influenza riguardo ad argomenti
importanti come l’ambiente, la giustizia sociale, la lingua e la cultura.
Abbiamo dimenticato che all’inizio l’indipendenza
era un sogno bellissimo. Oggi il sogno sembra morto. Siamo tutti responsabili.
Abbiamo scelto il comfort invece dell’incertezza, la frenesia consumatrice
invece della solidarietà. Anche Il Parti Québécois è responsabile del crollo di
questo sogno. Ha fatto molte errori. Ci ha proposto un’indipendenza contabile e
una carta dei valori basata su motivi elettorali. Ha fatto molte promesse
soltanto per vincere l’elezione.
Sono deluso come tanti altri. I Quebecchesi
preferiscono la corruzione invece dell’affermazione. Non capiscono que abbiamo
tutto per fare un paese, tranne la voglia, la coscienza, il coraggio e
l’apertura.
Nel Gattopardo di Giuseppe Tomasi di Lampedusa, il
protagonista principale, il principe Fabrizio dice: Tutto deve cambiare, perché
nulla cambi. Tout doit changer pour que
rien ne change. Siamo arrivati a questo punto.
* Les Québécois ne comprennent pas et ce n’est pas
à cause de l’italien.
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